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L’Oratoire d’une dévote – Pierre-Jean de Béranger

Sur le rivage de la Baltique, Max Pechstein (1921)

Tableau : Sur le rivage de la Baltique, Max Pechstein, 1921

Malgré vous, oui, je suis entré,
Claire, et je ne puis croire
Que ce lieu, si bien décoré,
Ne soit qu’un oratoire.
Vous y priez matin et soir ;
Aussi je veux, dans ce boudoir,
Tout voir.
Oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah !
Le joli sofa que voilà,
La, la.

Quel est ce livre à filets d’or ?
Un Paroissien fidèle.
Quoi ! c’est l’infâme !… Ah ! Claire, encor
Si c’était la Pucelle !
Ma dévote a choisi, vraiment,
Pour la mémoire, un ornement
Charmant.
Oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah !
Priez-vous dans ce livre-là ?
La, la.

C’est en vain que vous vous fâchez ;
Déroulons ces images.
Ce sont des saints que vous cachez !
Peste ! les beaux visages !
Ce n’est pas le mot tout à fait,
Mais ces tableaux sont d’un effet
Parfait.
Oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah !
Tous les bienheureux que voilà !
La, la.

Que vois-je, orné d’une faveur,
Là, dans votre corbeille !
C’est un agnus ?… Ah ! doux Sauveur !
Sa taille est sans pareille.
C’est un… Ma foi, c’est ressemblant,
Bien ferme, bien gros, bien coulant,
Bien blanc.
Oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah !
La, la.

Claire, on voulait nous marier ;
Mais croyez-vous possible
Que mon cœur ose défier
Un rival si terrible !
Il est taillé pour vos attraits :
Combien mince je paraîtrais
Auprès.
Oh ! oh ! oh ! ah ! ah ! ah !
Rendez heureux ce monsieur-là,
La, la.

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