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Le zodiaque. – Victor Hugo

Le zodiaque. – Victor Hugo

Qu’est-ce donc que ta roue à côté de la mienne?
De quelque point du ciel que ta lumière vienne,
Elle se heurte à moi qui suis le cabestan
De l’abîme, et qui dis aux soleils: Toi, va-t’en!
Toi, reviens. C’est ton tour. Toi, sors. Je te renvoie!
Car je n’existe pas seulement pour qu’on voie
A jamais, dans l’azur farouche et flamboyant,
Le Taureau, le Bélier, et le Lion fuyant
Devant ce monstrueux chasseur, le Sagittaire,
Je plonge un seau profond dans le puits du mystère,
Et je suis le rouage énorme d’où descend
L’ordre invisible au fond du gouffre éblouissant.
Ciel sacré, si des yeux pouvaient avoir entrée
Dans ton prodige, et dans l’horreur démesurée,
Peut-être, en l’engrenage où je suis, verrait-on,
Comme l’Ixion noir d’un divin Phlégéton,
Quelque effrayant damné, quelque immense âme en peine,
Recommençant sans cesse une ascension vaine,
Et pour l’astre qui vient quittant l’astre qui fuit,
Monter les échelons sinistres de la nuit!

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