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Le Portrait – Albert Giraud

Le Portrait – Albert Giraud

O cher cœur ! le printemps de tes beaux yeux lointains
De ses lilas de fête embaume cette image,
Et mon vieux souvenir, courbé comme un roi mage,
Répand tous ses parfums sur tes pieds enfantins.

Car tes yeux, où fleurit la divine surprise,
Sont un ciel matinal étonné du soleil,
Et tes cheveux cendrés fleurent comme un réveil
De lavande et de thym sous un baiser de brise.

Des plaisirs neufs et fiers, au détour du chemin,
Implorent ta jeunesse en te léchant la main,
Lévriers bondissant à l’appel de leur maître.

Et voici qu’un désir étrange me pénètre :
C’est de redevenir, grâce à ta nouveauté,
Le pur et simple enfant que je n’ai pas été.

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