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Le Mort vivant – Albert Giraud

Le Mort vivant – Albert Giraud

Bien loin des pleurs appris, de la douleur vulgaire,
Muré dans le silence obscur de mon caveau,
Je cherche avidement tes lèvres de naguère
En m’arrachant des vœux pour ton bonheur nouveau.

Le cher parfum de ta présence évanouie
Me caresse le front de baisers mensongers…
Mon Dieu ! servez longtemps sa grâce épanouie,
Et soyez lui clément parmi les étrangers !

Permettez, ô mon Dieu ! que le sang de mes plaies
Fasse mûrir un soir des mûres dans les haies
Que doit frôler son culte ineffable et trompeur !

Et laissez les moins fiers de vos anges descendre
Sur mon isolement, pour m’empêcher d’entendre
Les pas de ces passants qui battent dans mon cœur !

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