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Ivresse de lune – Albert Giraud

Ivresse de lune – Albert Giraud

Le vin que l’on boit par les yeux
A flots verts de la lune coule,
Et submerge comme une houle
Les horizons silencieux.

De doux conseils pernicieux
Dans le philtre nagent en foule :
Le vin que l’on boit par les yeux
A flots verts de la lune coule.

Le poète religieux
De l’étrange absinthe se soûle,
Aspirant — jusqu’à ce qu’il roule,
Le geste fou, la tête aux cieux —
Le vin que l’on boit par les yeux !

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