Sélectionner une page

C’était comme le champ de Pharsale – Jean Moréas

C’était comme le champ de Pharsale – Jean Moréas

C’était comme le champ de Pharsale : des blessés
C’était comme le chHideux
Mouraient sur le bord des fossés ; —
Là, où nous revînmes tous deux,
Là, où nous revînmes toAvec Psyché, mon âme.

Et je lui dis « N’est-ce pas ? » Et je lui dis
« Ces arcs comme ils s’écroulent, et ces butins quels oripeaux !
Ah, maudites étaient nos armes, et maudits
« Ces arcs comme ils Nos drapeaux !
« Ces arcs comme ils s’écroulent, Psyché, mon âme ! »

C’était comme un Purgatoire, où des ombres aux abois !
Levaient des fronts honteux,
Et se tordaient les doigts ; —
Là, où nous revînmes tous deux,
C’était comme un Purgatoire, Avec Psyché, mon âme.

Et je lui dis « N’est-ce pas ? » Et je lui dis
« Ah, ces damnés que chasse le regret,
En fleurs bénignes de Paradis
Qui jamais les mettrait,
Qui jamais les mettrait,Psyché, mon âme ! »

Archives par mois