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Au temps de ma jeunesse, harmonieuse Lyre – Jean Moréas

La nouvelle Babel, Fortunato Depero (1930)

Tableau : La nouvelle Babel, Fortunato Depero, 1930

Au temps de ma jeunesse, harmonieuse Lyre,
Comme l’eau sous les fleurs, ainsi chantait ta voix ;
Et maintenant, hélas ! c’est un sombre délire :
Tes cordes en vibrant ensanglantent mes doigts.

Le calme ruisselet traversé de lumière
Reflète les oiseaux et le ciel de l’été,
Ô Lyre, mais de l’eau qui va creusant la pierre
Au fond d’un antre noir, plus forte est la beauté.

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