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Pour la même – Isaac de Benserade

Pour la même – Isaac de Benserade

Sans vous tâter le poulx, et sans voir au bassin,
Ingrate, je sçay trop ce qui vous rend malade ;
Le quinquina pour vous, est un remède fade ;
Je connois vôtre fièvre, et vôtre médecin.

Vous luy pardonnerez, fût-il vôtre assassin ;
Mais vous ne voulez pas qu’on se le persuade,
Et quand il vous dérobe un soupir, une œillade,
Vous êtes la première à cacher son larcin.

C’est luy qui cause en vous une langueur secrète,
Vainement avec moy vous faites la discrète ;
Mais sur cette langueur, que ne suis-je en repos ?

Que m’importe, que tel ou tel y remédie,
Pourquoy m’embarrasser icy mal à propos
Et de la médecine, et de la maladie ?

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