Sélectionner une page

Léon Degrelle — Des exhortations de jeunesse, écrites avant le pire

Léon Degrelle — Des exhortations de jeunesse, écrites avant le pire

1906 — 1994

Ceux qui hésitent devant l’effort sont ceux dont l’âme est engourdie.
Un grand idéal donne toujours la force de mater son corps,
de souffrir la fatigue, la faim, le froid.

Vie droite

Ce sont des proses d’exhortation, écrites au début des années trente par un jeune journaliste catholique belge d’une vingtaine d’années. Elles s’adressent à un « tu » qu’elles veulent redresser : marche, tiens bon, ne cède pas, monte.

Il faut savoir ce que cet homme est devenu, parce que ces textes en portent déjà la forme.

Qui il était

Léon Degrelle a fondé le rexisme, mouvement d’extrême droite belge, en 1935. Rallié à l’Allemagne nazie dès 1940, il s’est engagé sur le front de l’Est dans la Légion Wallonie, passée à la Waffen-SS en 1943. Il en a commandé la brigade puis la division.

Condamné à mort par contumace par la Belgique en 1944, il s’est enfui en Espagne où Franco l’a protégé jusqu’à sa mort en 1994. Il n’a jamais rien renié : il a passé cinquante ans à défendre le nazisme et à en nier les crimes, ce qui lui a valu une condamnation judiciaire en Espagne même.

Ce que ces textes sont, et ce qu’ils ne sont pas

Les proses réunies ici sont antérieures à tout cela : c’est de la littérature d’édification catholique, cousine des scouts et des retraites, dans une veine que la Belgique des années trente produisait en masse.

On n’y trouve pas de politique. On y trouve en revanche un vocabulaire — l’effort, la dureté, la volonté, le mépris du confort, le corps qu’on mate, l’obéissance — et une manière de s’adresser aux jeunes gens en leur promettant la grandeur par le renoncement.

Lire cela en sachant la suite est instructif : on voit une rhétorique se mettre en place, longtemps avant qu’elle serve à autre chose.

Pourquoi c’est ici

Le Vagabond conserve, et ne trie pas selon les personnes. Mais il ne présente pas non plus un texte sans dire d’où il vient : il n’y a pas de lecture innocente de ces pages-là, et cette notice est là pour l’empêcher.

Choix de textes

  • Vie droite — « Un grand idéal donne toujours la force de mater son corps. » Le vocabulaire est déjà là.
  • Forts et durs — Le titre dit tout de la rhétorique en place.
  • L’obéissance — Écrit avant 1935. À lire en sachant ce qui a suivi.
  • Beata solitudo — La solitude bienheureuse : le fond monastique de ces exhortations.
  • Dompter les cavales — L’image platonicienne des passions à maîtriser, reprise telle quelle.
  • La patience — L’une des rares pages où le ton se calme.
  • Dépouillement — Le renoncement présenté comme une conquête.
  • Puissance de la joie — Même la joie y devient une force à employer.
  • La bonté — Le mot surprend dans cet ensemble, et le texte aussi.
  • Les aveugles — Ceux qui ne voient pas — catégorie qui deviendra politique.

Pour le lire

Ces proses d’édification datent du début des années trente, avant la fondation du rexisme.

⚠️ Fondateur du rexisme (1935), engagé dans la Légion Wallonie passée à la Waffen-SS, condamné à mort par contumace en Belgique, réfugié en Espagne franquiste jusqu’à sa mort. Il n’a jamais rien renié et a été condamné pour négation des crimes nazis.

Il n’y a pas de lecture innocente de ces pages : cette notice est là pour l’empêcher.

Guillain Méjane

Archives par mois