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Jacques Prévert — Le seul poète français que tout le monde sait par cœur

Jacques Prévert — Le seul poète français que tout le monde sait par cœur

1900 — 1977

Il dit non avec la tête
mais il dit oui avec le cœur
il dit oui à ce qu’il aime
il dit non au professeur

Le cancre

Pas de ponctuation, pas de majuscules, des mots de tous les jours, et un enfant debout au tableau. En 1946, Paroles s’est vendu à des centaines de milliers d’exemplaires, chiffre qu’aucun livre de poésie française n’a jamais approché.

On lui a beaucoup reproché ce succès. C’est le même reproche qu’on fait toujours à ceux qui se font comprendre.

Ce qui est difficile là-dedans

Prenez « Le cancre ». Quatre vers pour poser une situation, un renversement complet du jugement scolaire, et pas un mot de commentaire. Essayez d’en écrire un semblable : vous verrez.

Sa technique est l’énumération, le calembour et la coupe. Il aligne, il accélère, puis il s’arrête net une ligne trop tôt — et c’est ce silence-là qui fait le poème. « Pater Noster », « Le désespoir est assis sur un banc », « Le miroir brisé » fonctionnent tous ainsi.

Avant Paroles

Il avait quarante-six ans à la parution du livre, et une vie derrière lui : le groupe Octobre, un théâtre militant qui jouait dans les usines dans les années trente ; puis le cinéma.

Les dialogues de Quai des brumes, du Jour se lève, des Visiteurs du soir et des Enfants du paradis sont de lui. « T’as de beaux yeux, tu sais » est une réplique de Prévert.

C’est le même travail : faire entendre une langue parlée sans qu’elle cesse d’être écrite.

Barbara

« Rappelle-toi Barbara » est un poème d’amour qui devient, au dernier tiers, un poème sur le bombardement de Brest — « quelle connerie la guerre ». Le mot est trivial et il est placé exactement où il faut.

Il est mort à Omonville-la-Petite en 1977, après avoir passé les dernières années à faire des collages.

Choix de textes

Pour le lire

Paroles — l’édition disponible aujourd’hui.

Paroles (1946) — des centaines de milliers d’exemplaires, chiffre qu’aucun autre livre de poésie française n’a approché.

Spectacle (1951) · La Pluie et le Beau Temps (1955) · Histoires (1963).

Quai des brumes · Le jour se lève · Les Enfants du paradis — les dialogues sont de lui.

Guillain Méjane

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