
Crépuscule – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Le soleil rose et roux décline à l’horizon,
La plaine est toute moite et toute défaillante,
Un bois lointain s’efface, un peu d’eau miroitante
Semble avec le brouillard ombrer des floraisons.
Sur la tour du château où les contes de fée
Ont laissé en passant comme des rêves bleus,
Un page, un enfant blond, alangui et nerveux,
Profile le dessin de son corps de poupée.
Il pense aux voluptés étranges, aux baisers
Où les dents vous mordent comme des clous d’ivoire,
Et tandis que le ciel prend des reflets de moire,
Il défait le velours de son pourpoint rosé
Et regardant d’amour le grand soleil oblique,
Montre son sexe nu où son doigt joue encor,
Ses yeux cernés d’azur, ses cheveux cernés d’or,
Et s’offre en un désir au soir mélancolique.
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