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Volupté – Alexandre Macédonski

Volupté – Alexandre Macédonski

De joie et de soleil le verger est rempli…
Le printemps, cette fois, est loin d’être une amorce,
Vois : le terrain mouillé cache dans chaque pli
Les germes de la vie impudiques de force.

Dans le bleu matinal, chargé de blanches fleurs,
Le pommier amoureux du noisetier sauvage
Abandonne sa taille aux rameaux enjôleurs,
Et regarde : Aucun arbre, aucun brin d’herbe, sage.

Viens : je sais une haie où fleure ce parfum
Qu’on ne respire pas sans oublier la vie,
Là, dans un rayon d’or, adolescent à jeun,
Je te prendrai, brutal, éperdue et ravie.

Vierge, ne tremble pas de crainte à mon côté,
Penche-toi sur mon bras, donne-moi tout ton être,
Je suis le seul bonheur, je suis la Volupté,
Le mâle accouplement, et tu vas me connaître.

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