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Sans patrie – Frédéric Nietzsche

Barques échouées, Maurice de Vlaminck (1934)

Tableau : Barques échouées, Maurice de Vlaminck, 1934

De rapides coursiers m’emportent
Sans peur ni doute
Vers d’immenses lointains.
Et qui me voit me connaît,
Et qui me connaît me nomme
Le seigneur sans patrie. Hardiment ! De l’avant !
Ne m’abandonne pas,
Ma chance, Ô toi brillante étoile !

Que personne n’ose
Après cela me demander
Où est ma patrie.
Car je n’ai jamais été lié
À l’espace ni aux heures fugitives,
Je suis aussi libre que l’aigle. Hardiment ! De l’avant !
Ne m’abandonne pas,
Ma chance, Ô toi gracieux mois de mai !

Qu’un jour je doive mourir,
Baiser la mort cruelle,
Je le crois à peine.
Faut-il que je descende à la tombe
Et puis jamais plus ne boive
L’écume odorante de la vie ? Hardiment ! De l’avant !
Ne m’abandonne pas
Ma chance, ô toi rêve multicolore !

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