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Les heures claires, Réveil – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Les heures claires, Réveil – Jacques d’Adelswärd-Fersen

La chambre est molle encor des baisers de la nuit,
Un parfum de jasmin et de batiste fine
Flotte et vient caresser leur étreinte enfantine,
Ils donnent avec des airs de bébés amis.

Leurs lèvres sont rosées et leurs yeux ont des cernes,
Des cernes violets, meurtris par leur sommeil,
Ils soupirent parfois dans leur rêve vermeil,
Sans que leurs corps mêlés de l’autre se discerne :

On dirait deux gamins éperdument pervers,
Sur un lit de collège ou sur la mousse épaisse,
Comptant leurs treize années et leur blonde jeunesse
Sur un clavier de dents de lait, de regards clairs.

Leurs doigts, petits doigts blancs comme des clairs de lunes,
Se cherchent vaguement et errent sur les draps,
À la recherche du duvet de jeune chat,
Qui commence à fleurir aux creux des ombres brunes,

Tandis que des rideaux entr’ouverts sur le ciel,
On aperçoit tout bleu, réveillé et tranquille,
Le jardin où l’oiseau roucoule son idylle,
Et les grands bois couverts d’un chapeau de soleil !…

Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié

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