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Le chapeau de la République – Jacques Ferny

Le chapeau de la République – Jacques Ferny

Voici qu’enfin la République
A pu mettre en son Panthéon
Un chapeau donnant la réplique
À celui de Napoléon !
Et la foule mélancolique,
Qui ne peut manquer d’affluer,
Criera devant cette relique
D’une machine à saluer,
Tube en accordéon mué :
« Ah ! mon Dieu ! qu’il est bo…ssué,
Le chapeau de la République ! » } bis.

Cette gloire-là, somme toute,
Vaut bien celle de son rival.
Il n’a pas, comme lui, sans doute,
Passé les Alpes à cheval ;
À des conquêtes homériques
Certe il s’est moins souvent rué ;
Il est aux exploits héroïques
Peut-être moins habitué,
Et par les balles moins troué…
Mais il est bien plus bo…ssué,
Le chapeau de la République ! } bis.
Ce couvre-chef unicolore
Par malheur n’est pas très léger,
Et le pauvre homme qui l’arbore
A souvent lieu de s’éponger.
Ah ! tel qui fait le sympathique,
S’en coiffe d’un air dénué
De hauteur aristocratique,
Dit bientôt, las, exténué,
Rompu, voire un peu conspué :
« Ah ! mon Dieu ! qu’il me fait suer,
Le chapeau de la République ! » } bis.
Puis, vu son diamètre, il importe
À qui voudrait s’en emparer
De n’avoir pas la tête forte ;
Il ne pourrait pas s’en parer.
C’est même ce qui vous explique,
Français, que nous l’ayons encor.
Par l’étroitesse symbolique
De l’écartement de ses bords
Il résiste à tous les efforts
Des hommes qui sont un peu forts,
Le chapeau de la République !

Il va mal aux gens un peu forts,
Le chapeau de la République !

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