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Eugène Imbert — Chansonnier, et historien de ceux qui chantaient

Eugène Imbert — Chansonnier, et historien de ceux qui chantaient

1821 — 1898

A-t-il dit vrai, le poëte au cœur tendre ?
Quoi ! Jusque-là mes vers ont retenti !
N’en doutons plus ; oui, je crois les entendre.
Ce cher Gauthier ne m’aurait pas menti.

Les amis de la chanson

Un homme apprend que ses chansons se chantent plus loin qu’il ne croyait, et il n’ose pas y croire. C’est modeste, c’est daté, et cela dit exactement ce qu’était ce métier.

Car la chanson, au XIXe siècle, n’était pas un sous-genre : c’était le principal moyen par lequel un peuple sans radio ni disque partageait des mots.

La goguette

Les goguettes étaient des sociétés chantantes — on se réunissait dans une arrière-salle, on payait sa consommation, et chacun chantait à son tour. Il y en a eu des centaines à Paris, et la police les surveillait de près.

Imbert en fut un pilier, et surtout leur historien : ses Chansons et chansonniers et son Histoire de la goguette sont aujourd’hui la source principale sur ce monde entièrement disparu.

Sans lui, on ne saurait presque rien de la manière dont les Parisiens du XIXe siècle passaient leurs soirées.

Ses propres chansons

Elles sont ce qu’il fallait qu’elles soient : un refrain qui se reprend, une chute par couplet, et des sujets de table — « Nous ne sommes pas ivres », « Les Hannetons », « Les Souliers », « Assez de chansons ».

« La Conversion » et « Assez de chansons » disent la fatigue du métier, ce qui est plus rare et plus intéressant : on n’y avoue pas souvent qu’on en a assez.

Ce qu’on lui doit

Peu de poèmes, et une somme de documents. Il est mort en 1898, au moment où le café-concert et bientôt le disque allaient tuer la goguette.

Choix de textes

  • Les amis de la chanson — Il apprend que ses chansons vont plus loin qu’il ne croyait, et il n’ose y croire.
  • Assez de chansons — La fatigue du métier — on ne l’avoue pas souvent.
  • La conversion — Le retournement, sujet de comptoir traité en couplets.
  • Nous ne sommes pas ivres — Le titre est une dénégation, et tout le couplet la dément.
  • Les hannetons — Un sujet de table, et une chanson qu’on reprend en chœur.
  • Les souliers — L’objet le plus ordinaire, qui en dit long sur qui le porte.

Pour le lire

Chansons et chansonniers · Histoire de la goguette — la source principale sur les sociétés chantantes du XIXe siècle.

Sans lui, on ne saurait presque rien de la manière dont les Parisiens passaient leurs soirées.

Aucune édition courante à ce jour.

Guillain Méjane

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