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Ernest Dupuy — Un universitaire qui écrivait des apocalypses

Ernest Dupuy — Un universitaire qui écrivait des apocalypses

1849 — 1918

C’est la nuit, une nuit sans lune, sans étoiles.
Un souffle d’ouragan passe, arrache les voiles,
Et l’œil voit, reliant le zénith au nadir,
Une apparition sinistre resplendir.

C’est la nuit

Une nuit noire, un ouragan, et quelque chose de sinistre qui relie le zénith au nadir. Voilà un professeur de faculté qui se lâche.

Il n’y a pas de contradiction : c’est justement parce qu’il connaissait toute la poésie qu’il pouvait en pratiquer la note la plus haute sans tomber dans le ridicule.

L’homme des thèses

Universitaire, il a laissé des travaux qu’on consulte encore : sur Alfred de Vigny — dont il a établi une part du texte —, sur les sources de Corneille, sur la poésie française du XIXe siècle.

Ce genre de savant-poète était courant sous la Troisième République : on enseignait le matin, on publiait des vers le soir, et personne n’y voyait de contradiction.

Ce que sont ces poèmes

De grands morceaux à sujet, dans une langue soutenue et un vocabulaire savant : « Le thrène courroucé bondissant dans l’espace », « L’aède a suspendu son rythme souverain », « Aux plaintes de ses sœurs la farouche Atropos ».

Le thrène est un chant funèbre grec, l’aède le poète-chanteur d’Homère, Atropos la Parque qui coupe le fil. Il faut connaître ces mots, et il ne s’en excuse pas.

« Homme, arrêteras-tu ton aveugle ironie » est le meilleur : une adresse directe, sans mythologie, où la voix se hausse et tient.

Ce que cela vaut

C’est une poésie de savoir, et elle a le défaut du savoir : elle sait trop bien ce qu’elle fait. Mais l’ampleur est réelle et l’alexandrin ne faiblit jamais.

Il est mort en 1918. On lit encore ses travaux sur Vigny ; personne ne lit ses vers.

Choix de textes

Pour le lire

Ses travaux universitaires sur Alfred de Vigny et sur les sources de Corneille se consultent encore.

Poésies — les vers, qui ne sont pas réédités.

Le savant-poète était courant sous la Troisième République : on enseignait le matin, on publiait le soir.

Guillain Méjane

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