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Victoire – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Victoire – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Jamais je ne serai qu’un poète d’amour…
Et mes chansons pour toi seront nées sur tes lèvres ;
Est-ce ma faute hélas si nos baisers sont mièvres,
Et paraissent durer un peu… beaucoup… toujours !

Ma voix t’entoure et te caresse, petit ange,
D’un murmure extasié qui ressemble au soleil,
Et si j’ai confondu tes yeux avec le ciel
Ai-je fait pour cela une erreur trop étrange ?

Et puis ces mots d’azur dont j’ai bercé nos cœurs,
Ne sont pas inconnus aux hommes qui me lisent,
L’enthousiasme d’or dont mes hymnes se grisent,
Beaucoup l’ont possédé aux instants de bonheur !

Je ne fais qu’exprimer les ferveurs et les larmes,
Les élans inconnus d’autres à moi pareils,
Ainsi qu’un jeune chef après un soir vermeil,
Fait jaillir des trophées aux pointes de ses armes !

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