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Ton souvenir aimé brillera sur ma vie – Alice Véga

Ton souvenir aimé brillera sur ma vie – Alice Véga

Ton souvenir aimé brillera sur ma vie,
Comme un phare éclatant luit au loin sur les flots
Quand au milieu des nuits, sur la mer en furie,
Il annonce la terre aux tremblants matelots.
Tes yeux sont aveuglés par l’ombre d’ici-bas,
Tu n’es pas seul dans cet exil où tu combats :
Ne pleure pas sur ceux qui te restent fidèles.

Ainsi qu’ils ont vaincu, tu vaincras demain, mais
Ne dis pas qu’ils sont morts, qu’en vain tu les appelles :
C’est, toi qui meurs, c’est eux qui vivent à jamais.
Le ciel n’est pas si loin que le croit ta détresse
Quand tu trembles parmi les ombres que tu vois
S’amasser, lourd fardeau de brume qui l’oppresse.

Il nous entoure, il est dans nos âmes parfois
Où fugitif rayon de la gloire divine,
Resplendit un regard, retentit une voix.

Il est dans le salut de l’aube à la colline,
Dans l’ardente splendeur du couchant sur la mer,
Quand le rouge soleil vers l’Océan décline.

C’est le reflet de sa beauté qui te rend cher
L’univers passager dont la nuit l’emprisonne,
Le monde douloureux où ton sort est amer.

Mystérieusement le ciel nous environne
Et d’invisibles mains nous offrent le secours,
Un ineffable appel autour de nous résonne.
Si nous ne restions pas, nous, aveugles et sourds,
Si nos rires nos cris, nos sanglots faisaient trêve,
Nous entendrions mieux, nous verrions nos amours ;

Nous saurions, résignés à notre épreuve brève,
Que le rude chemin conduit à la maison,
Que l’orage nous jette à l’éternelle grève.

Ne cherche pas tes disparus sous le gazon,
Ne ferme pas ta porte aux célestes convives
Qui t’entraînent sans bruit vers un autre horizon ;

Ils veulent qu’auprès d’eux, avec eux tu revives…
Contemple dans ton cœur les visages aimés :
L’infini se reflète au sein des sources vives,

Le ciel est dans les yeux que nous avons fermés.

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