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Prologue – Albert Mérat

Prologue – Albert Mérat

À quoi bon se grossir et se hausser la voix,
Vouloir chanter sur tous les modes à la fois,
Et, parce que l’aigle a sa note âpre et hardie,
Pauvre pinson des champs, fausser sa mélodie ?
L’hymne n’en est pas moins pour être humble et discret
Un hymne ; et notre cœur sonore est toujours prêt
À se faire l’écho de toute symphonie.
Un soupir aussi bien qu’un chant est harmonie.
L’herbe jeune qui pousse et les bourgeons naissants
Ont un parfum suave et doux comme l’encens.
Se plaindra-t-on qu’il manque à la rose mousseuse
L’odeur des fleurs d’orange et de la tubéreuse,
Et que le rossignol ne chante que l’amour,
Et que le crépuscule est pâle auprès du jour ?

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