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Paul Avenel — Un chansonnier qui a fait rire contre l’Empire

Paul Avenel — Un chansonnier qui a fait rire contre l’Empire

1823 — 1902

Nous avons un gouvernement
Qu’on ne trouve pas dans l’histoire,
C’est un phénomène vraiment
Qui de la France fait la gloire ;

Le candidat officiel

Sous le Second Empire, on n’écrivait pas cela impunément. Les chansons d’Avenel circulaient en cachette, se chantaient dans les goguettes, et une bonne partie de son œuvre porte le titre qu’il fallait : Chansons interdites.

Il visait la mécanique électorale, la candidature officielle, le plébiscite — ces institutions par lesquelles un régime autoritaire se fait plébisciter en tenant le crayon.

Le métier de chansonnier

Ce n’est pas de la poésie de recueil, c’est de la poésie de scène. Les couplets sont faits pour être chantés sur un air connu, devant des gens qui reprennent le refrain, et cela commande tout : des rimes franches, des vers courts, une chute par strophe.

Il vient en droite ligne de Béranger, et il n’a pas la gloire de Béranger — mais il a écrit plus tard, sous un régime plus dur, et il a pris des risques que son maître n’avait pas eu à prendre.

Le peuple, sans condescendance

« J’suis née à Cracovie », « Nini Chignon », « Le bon bourgeois », « La vache à Gambon », « Le veau de M. Calvet » : il fait parler des gens ordinaires dans leur langue, avec les élisions et les tournures, sans se moquer d’eux.

C’est la différence entre le chansonnier et le satiriste de salon. Laurent Tailhade méprise le petit-bourgeois de très haut ; Avenel est assis à côté de lui.

Après 1870

La République arrive, la censure tombe, et le genre perd sa raison d’être. Il écrit alors « La mort d’Armand Barbès » et « Le retour du déporté » — l’hommage aux vaincus du siècle, aux insurgés et aux proscrits.

Journaliste, romancier populaire, il est mort à Paris en 1902. Ses chansons ont fait davantage pour l’opposition à l’Empire que bien des discours.

Choix de textes

Pour le lire

Chansons interdites · Chansons et poésies — les couplets écrits sous le Second Empire, réunis ici.

Il vient en droite ligne de Pierre-Jean de Béranger, sous un régime plus dur.

Journaliste et romancier populaire. Aucune édition courante à ce jour.

Guillain Méjane

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