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Mon cœur en cendres – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Mon cœur en cendres – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Le soir tiède est venu frôler du bout des ailes
Comme un petit oiseau on eût dit épeuré,
La chambre grise et douce où tes baisers fidèles
Continuent de chanter leur refrain adoré.

Me voici seul, courbé près de la lampe claire,
Dont les rayons vermeils sont comme tes cheveux,
Je crois écrire, ami, dans un paradis bleu,
Tant à cause de toi je sens la vie légère…

Au dehors une effluve extatique d’amour
Semble venir des fleurs que l’été fait éclore,
Je rêve de ta lèvre et je la veux encore,
Les baisers sont meilleurs avec la fin du jour,

Et dans la chambre douce où ils errent fidèles,
Il me vient un désir atroce et fou d’aimer !

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