
Mai – Alexandre Macédonski

Mai : l’aurore et son fleuve où roulent les topazes,
Mai : les blancs lis d’argent, les larges franges d’or,
La grande voix des bois, la pourpre et les extases,
Et l’oubli de la vie aux serres de condor.
Mai : la barque glissant sur les ondes tranquilles,
La rosée aux frais pleurs, le soleil et ses fards,
Et la lune berçant les candides idylles —
Au bord des blonds roseaux moirés de nénuphars.
Et dans tout, et partout, — au ciel et sur la terre,
Apollon poursuivant son cycle de vainqueur,
Cabrant ses coursiers d’or dans le même mystère,
Du levant au couchant, et jusques dans mon cœur.






















