Sélectionner une page

Louis Brauquier — Employé des Messageries Maritimes, et poète des ports

Louis Brauquier — Employé des Messageries Maritimes, et poète des ports

1900 — 1976

Cent mètres de la rue Beauvau
Comme vous possédez le monde !
Les marins anglais qui fument
À la porte des Compagnies,

Rue maritime

Cent mètres d’une rue de Marseille, et le monde entier dedans : des marins anglais, des courtiers de navires, des assureurs, et les bateaux qui vont s’arrêter là.

Voilà son sujet unique, et il l’a tenu cinquante ans sans se répéter.

Un poète qui avait un métier

Il est entré aux Messageries Maritimes et il y a fait toute sa carrière : Sydney, Nouméa, Shanghai, Djibouti, Beyrouth, Alexandrie. Agent de la compagnie, il s’occupait des escales, des cargaisons et des équipages.

Cela change tout. Chez lui, un port n’est jamais un décor exotique : c’est un lieu de travail, avec des tarifs, des horaires et des gens qu’on connaît. « Le barman », « Le marchand grec », « Cimetière de Panama », « L’épuisant après-midi ».

Le groupe des Cahiers du Sud

Marseillais, ami de Jean Ballard qui dirigeait la revue, il appartient à cette bande méditerranéenne — Gabriel Audisio, Toursky, plus tard Gérald Neveu — qui a fait de Marseille une capitale littéraire pendant trente ans.

Sa langue est simple, un peu sèche, sans une once de lyrisme marin. « Mer mauvaise », « Automne », « La maison noire » : il note ce qu’il voit et il s’arrête.

Le retour

Il a fini par rentrer à Marseille et il y est mort en 1976. Blaise Cendrars l’admirait ; les marins le lisaient ; les manuels l’ont ignoré.

C’est peut-être le meilleur poète français de la mer au XXe siècle, et il faut aller le chercher.

Choix de textes

Pour le lire

Et l’au-delà de Suez (1923) · Eau douce pour navires (1930) · Liberté des mers (1941).

Je connais des îles lointaines — les poésies complètes, chez La Table Ronde.

Agent des Messageries Maritimes à Sydney, Nouméa, Shanghai, Djibouti, Beyrouth et Alexandrie.

Guillain Méjane

Archives par mois