
L’oubli, comme une vieille, est entré dans mon âme – Jacques d’Adelswärd-Fersen

L’oubli, comme une vieille, est entré dans mon âme,
Une vieille à tâtons, l’air maussade et dévot,
Pêle-mêle jetant tes baisers en fagots,
Au fond d’un caveau noir où vacillaient des flammes.
Et j’écoutais tomber cela avec le bruit,
Persistant et lointain des agonies d’automne
Sans que pleurent mes yeux, sans que mon cœur s’étonne,
Sans espérer le jour, sans deviner la nuit.
Mail lorsque tout à coup se fit le grand silence,
Le silence qui plane autour des rêves morts,
Je sentis frissonner longuement le remords
Et la mélancolie étreindre ma conscience.
Un besoin de pleurer m’a torturé le cœur !…






















