
Lointainement – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Par la fenêtre ouverte aux musiques du soir,
J’entends chanter ta voix, nostalgique et gamine,
J’entends chanter l’amour sur ta bouche divine,
Lointainement un air de vague nonchaloir.
Des parfums et des sons, des cendres de tes yeux,
M’étreignent, ô chéri, de douleur et de joie,
C’est comme si, vois-tu, j’avais mon âme en soie,
C’est comme si ma vie souriait au ciel bleu…
Tu ne sais pas, hélas, et jamais tu n’as su
La douceur de penser aux tendresses lointaines,
Et l’écho de ces vers que l’écho me ramène,
À entendre est divin tel qu’un bonheur perdu :
Par la fenêtre ouverte aux musiques du soir,
J’entends chanter ta voix nostalgique et gamine.























