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La porteuse de l’eau – Rainer Maria Rilke

La porteuse de l’eau – Rainer Maria Rilke

Toi, qui semblais toute hâte à la fontaine,
depuis que je t’ai arrêtée dans ma cruche,
eau simple, quel calme t’occupe et que tu me pèses
de tes souvenirs. N’oublie rien ! Car il faudra
que, rapidement, tu te racontes
sur la pente de notre soif, ô jeunesse liquide !
Ce n’est pas moi qui porterai atteinte
à ta nature en te serrant contre moi. Si tu savais
combien mes lèvres sont fraîches, même avant t’avoir bue,
et si mon cœur soudain me surmonte,
c’est comme le chant du rossignol :
demande-lui s’il connaît la sueur.

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