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François de Malherbe — Celui qui a mis la langue française au pas

François de Malherbe — Celui qui a mis la langue française au pas

1555 — 1628

Ta douleur, du Perier, sera donc éternelle ?
Et les tristes discours
Que te met en l’esprit l’amitié paternelle,
L’augmenteront toujours ?

Consolation à M. du Périer

Un magistrat d’Aix vient de perdre sa fille. Malherbe lui écrit pour lui dire, en substance, qu’il faut cesser de pleurer. C’est odieux, et c’est l’un des plus beaux poèmes de la langue.

Le vers qu’on en retient est celui-ci : « Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, / L’espace d’un matin. » On le cite depuis quatre siècles sans toujours savoir d’où il vient.

« Enfin Malherbe vint »

La formule est de Boileau et elle a fait de lui un personnage : le législateur qui met fin aux libertés de la Pléiade, chasse les mots étrangers, interdit l’hiatus, règle la césure, et fonde le classicisme.

C’est vrai, et cela lui a coûté cher : deux siècles plus tard, les romantiques ont vu en lui le fossoyeur de la poésie française. Hugo l’a moqué, Ronsard a été réhabilité contre lui.

Ce que la règle permet

Ouvrez la Consolation. Chaque strophe est un mécanisme : deux alexandrins, un vers de six syllabes, la chute. L’argument avance, se retourne, revient, et le poème serre son homme comme un avocat serre un jury.

La contrainte n’appauvrit pas : elle donne cette densité-là. Vingt et une strophes sans une faiblesse, c’est un exploit que très peu de poètes ont refait.

L’homme

Normand, arrivé tard à la cour — il avait cinquante ans quand Henri IV l’a remarqué —, brutal, moqueur, méprisant pour à peu près tout le monde. On rapporte qu’à l’agonie il a corrigé une faute de français de sa garde-malade.

Son fils avait été tué en duel ; il a passé ses dernières années à réclamer justice. Il est mort à Paris en 1628.

Choix de textes

Pour le lire

Poésies — les odes, stances et consolations. Une centaine de pièces en quarante ans : il écrivait très peu et très lentement.

Ses Commentaires sur Desportes sont le document le plus brutal de la critique française.

« Enfin Malherbe vint » : la formule est de Boileau, et elle a fait de lui un personnage plus qu’un poète.

Guillain Méjane

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