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Émilie Arnal — Une voix de femme, et rien pour la rattacher à une vie

Émilie Arnal — Une voix de femme, et rien pour la rattacher à une vie

Les mortes qui furent aimées
Ont emporté dans leur tombeau
Des moissons de fleurs embaumées :
Elles dorment sous ce fardeau.

Ô mortes

Aucune notice, aucune date établie, aucun manuel. On ne sait pas quand elle est née ni où elle est morte.

Il reste des poèmes, et il faut faire ce qu’on fait rarement : lire sans rien savoir de l’auteur.

Ce que les textes disent

La langue la situe entre 1880 et 1910. Et le corpus a une cohérence frappante : presque tous les titres sont des adresses ou des refus.

« Vous ne savez pas », « Tu ne sauras jamais », « Je vous écris », « Une autre te dira », « N’attendons plus », « Il faut choisir », « Ce que je veux ». Il y a quelqu’un en face, à qui l’on parle, et à qui l’on dit surtout ce qu’on ne dira pas.

C’est une poésie du non-dit organisé, et c’est beaucoup plus difficile à tenir qu’une confidence.

Et la mort

L’autre versant est funèbre : « Ô mortes », « L’attente », « Résurrection », « L’âme des choses », « Devant la mer ». Les mortes qui furent aimées dorment sous le fardeau des fleurs qu’on leur a données — l’image est excellente, et cruelle : l’amour des vivants pèse sur elles.

« Nature, ce n’est pas vous que mon cœur adore » : le vers est un refus net du lieu commun romantique. Elle savait ce qu’elle écartait.

L’aveu

Le Vagabond conserve ces poèmes parce qu’ils ne sont nulle part ailleurs, et cette page restera incomplète jusqu’à ce que quelqu’un sache.

Choix de textes

Pour le lire

Aucune notice biographique, aucune date établie, aucun manuel ne la mentionne.

Les poèmes réunis ici ne sont accessibles nulle part ailleurs.

⚠️ Si vous savez quelque chose d’elle, cette page attend d’être corrigée.

Guillain Méjane

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