Édition 1888 – Edgar Allan Poe
Tel qu’en Lui-même enfin l’éternité le change
Le Poëte suscite avec un glaive nu
Son siècle épouvanté de n’avoir pas connu
Que la Mort triomphait dans cette voix étrange
Eux comme un vil sursaut d’hydre oyant jadis l’ange
Donner un sens plus pur aux mots de la tribu
Proclamèrent très-haut le sortilège bu
Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange
Du sol & de la nue hostiles ô grief
Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief
Dont la tombe de Poe éblouissante s’orne
Calme bloc ici-bas chu d’un désastre obscur
Que ce granit du moins montre à jamais sa borne
Aux noirs vols du Blasphême épars dans lefutur
Le Corbeau 17
Stances à Hélène 27
Le Palais Hanté 31
Eulalie 37
Le Ver Vainqueur 41
Ulalume 45
Un Rêve dans un Rêve 53
A Quelqu’un Au Paradis 57
Ballade de Noces 61
Lénore 65
Annabel Lee 69
La Dormeuse 75
Les Cloches 81
Israfel 87
Terre de Songe 93
A Hélène 99
Pour Annie 105
Silence 111
La Vallée de l’Inquiétude 115
La Cité en la Mer 119
La Romance 127
Eldorado 129
Un Rêve 130
Stances 131
Féerie 132
Le Lac 134
A la Rivière 135
Chanson 136
A M. L. S. 137
A ma Mère 138
A M. L. S. 139
A F. S. O. 140
A F. 140
Sonnet à la Science 141
Le Colisée 142
A Zante 144
Even as eternity his soul reclaimed,
The poet’s song ascended in a strain
So pure, the astonished age that had defamed,
Saw death transformed in that divine refrain.
While writhing coils of hydra-headed wrong,
Listening, and wondering at that heavenly song,
Deemed they had drunk of some foul mixture brewed
In Circe’s maddening cup, with sorcery imbued.
Alas ! if from an alien to his clime,
No bas-relief may grace thy front sublime,
Stern block, in some obscure disaster hurled
From the rent heart of a primeval world,
Through storied centuries thou shalt proudly stand
In the memorial city of his land,
A silend monitor, austere and gray,
To warn the clamorous prood of harpies from their prey.
Into himself resolved by Death’s great change,
The poet rouses with his clear, free tone,
His century too frightened to have known
That Death itself would praise in voice so strange.
’Twas like some hydra, who an Angel heard
Breathe strains too pure fort tongues less pure to tell,
And thought the shining one had drunk the spell
Of some black wave, all noisome and perturbed, —
Oh struggle that the earth with Heaven maintains !
If my belief may not be sculptured there,
To make the tomb above the poet’s dust more fair, —
That block which ever dark disaster stains, —
At least that granite should in future stay
Poe’s old blasphemers from their evil way.
Monter à travers la caverne du Lion
Avec l’amour dans ses yeux lumineux.
Ah ! quel démon m’a vers ces lieux tenté ! «
Ils marchent devant moi, ces Yeux pleins de lumières,
Qu’un Ange très-savant a sans doute aimantés ;
Ils marchent, ces divins frères qui sont mes frères,
Secouant dans mes yeux leurs feux diamantés.
Me sauvant de tout piège et de tout péché grave,
Ils conduisent mes pas dans la route du Beau.
Ils sont mes serviteurs et je suis leur esclave ;
Tout mon être obéit à ce vivant flambeau.
Charmants Yeux, vous brillez de la clarté mystique
Qu’ont les cierges brûlant en plein jour ; le soleil
Rougit, mais n’éteint pas leur flamme fantastique ;
Ils célèbrent la Mort, vous chantez le Réveil ;
Vous marchez en chantant le réveil de mon âme,
Astres dont nul soleil ne peut ternir la flamme !