
Crucifié – Théodore Botrel

Un Canadien-Français, blessé, gisait à terre
Sur le bord d’un chemin de halage flamand ;
Son flanc, son front, saignaient ; il râlait doucement,
Ses regards commençant à s’emplir de mystère ;
Il râlait !… C’est alors que, pour le faire taire,
Sur l’ordre d’un brutal feldwebel allemand
On le crucifia, pensant, férocement,
Crucifier, d’un coup, la France et l’Angleterre !
France !… c’est par l’Amour que tu seras sauvée !
Vois : mourant du bonheur de t’avoir retrouvée,
Tes enfants de jadis t’aiment jusqu’à la Croix !
Pour que ta Mission sublime persévère
Le Canada fidèle est là, sur son Calvaire,
Qui tend vers Toi ses bras sanglants… comme autrefois !






















