
À Élise Moreau – Amable Tastu

D’où viens-tu, fleur des champs, à ton sol arrachée,
Pourquoi de ce séjour respirer l’air mortel ?
Ne vois-tu pas déjà du vent fatal touchée
Ta sœur sur la terre couchée ;
Holocauste innocent d’un implacable autel ?
Un facile instrument de ton souffle palpite ;
Il résonne à ton gré, comme un doux chant d’oiseau ;
Crains d’en faire un appui, crois-moi, pauvre petite !
Hélas ! tu sentirais trop vite
Se briser sous ta main l’harmonieux roseau.






















