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XXXII – Victor Hugo

XXXII – Victor Hugo

Au bord des flots, au sein des sombres Babylones,
Reste à jamais debout sur les hautes colonnes !
Veille sur nos vaisseaux et veille sur nos tours !
Sois toujours fier de nous ! Libre, calme, sereine,
La France a l’avenir ! La France est encor reine !
Ton empire est tombé, ton peuple vit toujours.

Une aube meilleure
Sur nous brillera.
Nous attendons l’heure,
Mais l’heure viendra !
Comme Dieu lui-même
Qui récolte et sème
Dans l’immensité,
Notre auguste France
A la patience
De l’éternité !

En vain Londre et Moscou, dans leur rage inféconde,
L’une hors de l’Europe et l’autre hors du monde,
Ont mutilé la France alors que tu tombas ;
Et sur nos maux profonds qui saignent et s’irritent
Ont posé, comme un vase où des serpents s’agitent,
Une fragile paix pleine de sourds combats !

Une aube meilleure
Sur nous brillera…

Dieu veut la grande France et la grande Allemagne.
Il fit Napoléon comme il fit Charlemagne,
Pour donner à l’Europe un centre souverain.
Que Stamboul meure, alors vers l’orient tournée,
Teutonia, de gloire et de paix couronnée,
Reprendra le Danube et nous rendra le Rhin !

Une aube meilleure
Sur nous brillera…

En attendant ce jour que chaque instant amène,
Jour où l’amour luira sur la famille humaine,
Jour où s’effaceront les crimes expiés,
Vois au-dessous de toi, figure solennelle,
L’éternelle tempête et la haine éternelle,
L’Océan sous tes yeux, l’Angleterre à tes pieds !

Une aube meilleure
Sur nous brillera.
Nous attendons l’heure,
Mais l’heure viendra.
Comme Dieu lui-même
Qui récolte et sème
Dans l’immensité,
Notre auguste France
A la patience
De l’éternité !

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