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Violette blanche – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Violette blanche – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Lorsque tu étais loin aux vacances dernières,
Ma nostalgie vers toi entr’ouvrait son essor,
En plein soleil je rêvais de tes grands yeux d’or,
Tes cheveux étaient ciselés dans la lumière ;

Je n’osais plus courir ni jouer et pourtant,
Les champs se fleurissaient d’oiseaux et de murmures,
Quelles jolies parties, à deux dans la verdure,
Mon cher petit, si tu avais été présent !

On aurait ramassé, à genoux sur les herbes,
De gros bouquets remplis de sauvages odeurs,
Et nous aurions mêlé notre âme avec les fleurs,
Nos bouches confondues elles aussi en gerbes !

Puis, nous aurions gagné la lisière du bois
Où l’on entend chanter d’adorables musiques,
Et comme les bergers des vertes bucoliques,
Nous aurions écouté la fraîcheur de ces voix,

La nuit serait venue, propice, lente et blanche ;
…Laisse-moi, mon chéri, t’entourer de mes bras,
Et douter, en voyant cette lueur là-bas,
Si c’est le premier astre ou tes yeux, dans les branches !…

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