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Et toi, sors des étangs letheéns et ramasse – Stéphane Mallarmé

Et toi, sors des étangs letheéns et ramasse – Stéphane Mallarmé

Et toi, sors des étangs letheéns et ramasse
En t’en venant la vase et les pâles roseaux,
Cher Ennui, pour boucher d’une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.
Je hais l’aumône utile et veux que tu m’oublies
Et surtout ne va pas, drôle, acheter du pain.
Et surtout ne va pas, frère, acheter du pain.
Et j’ai peur de mourir lorsque je couche seul.
Courez tous, facteurs, demandez
Afin qu’il foule ma pelouse,
Monsieur François Coppée, un des
Quarante, rue Oudinot, douze.

Paris — chez Madame Mery
Laurent qui vit loin des profanes
Dans sa maisonnette, very
Select, du neuf boulevard Lannes.

Prends la canne à bec de corbin,
Vieille poste ou je vais t’en battre,
Et cours chez le docteur Robin
Rue ? oui, de Saint-Pétersbourg, quatre.

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