
Sur un ami trop passager – Auguste Gilbert de Voisins

Tu passes, tu passes toujours;
Ne pourrais-tu t’arrêter un moment?
Le monde n’a-t-il pas de contours
Assez fiers, assez charmants,
Pour t’éprendre,
Pour te retenir,
Pour te créer des souvenirs
Nobles ou tendres,
Des souvenirs durables, sans arrangements?
— Non, tu tiens à jouer ton rôle,
Ton rôle d’acteur:
Tu hausses les épaules,
Tu vas ailleurs,
Tu souris de tes yeux railleurs,
Tu parles de tuer le temps,
Et tu passes,
Tu passes toujours. — Autant
Passer tout à fait: on se lasse,
A la fin, de suivre tes traces!
Va-t’en!
CLVI






















