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Résignation – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Résignation – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Oh, l’attente est cruelle, oh, l’attente est affreuse,
C’est comme un long poignard pénétrant dans le cœur…
En face du présent, tous les anciens bonheurs
Renaissent pour montrer les heures douloureuses.

Le monde est un désert puisqu’elle en vit lointaine,
Le monde est un désert inerte et passager,
Ou bien alors les bruits d’ordinaire étrangers,
Vous font trembler les nerfs de colère et de haine,

Les yeux préoccupés de découvrir l’image,
L’image bien aimée qui rendra bleu le ciel,
Et rendra plus vermeil le baiser du soleil,
Les yeux préoccupés rêvent de lourds mirages,

Et des désirs aigus de mourir vous emportent,
Et l’on voudrait pleurer qu’on ne le pourrait pas.
Tressaille, ô malheureux, écoute au loin des pas,
Qui s’en iront frapper vers le seuil d’autres portes,

Laisse couler les pleurs : larmes de sang voilées,
Les hymnes les plus beaux sont nés de la douleur,
Enivre-toi de ta musique, ô doux chanteur,
Et Dieu t’écoutera dans la nuit étoilée !

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