
Notice littéraire – Frédéric Monneron

« Aux bords toujours plus froids d’un ciel toujours plus pur. »
« La poésie a son vertige,
Elle n’est pas le pur amour. »
« Je chantais mes amis comme l’homme respire. »
« Quand sur les champs du soir la brume étend ses voiles,
Lorsque, pour mieux rêver, la nuit, au vol errant,
Sur le pâle horizon détache en soupirant
Une ceinture d’or de sa robe d’étoiles ;
» Lorsque le crépuscule entr’ouvre aux bords lointains
Du musical éther les portes nuageuses,
Alors, avec les vents, les âmes voyageuses
Vont chercher d’autres cieux dans leurs vols incertains. »
« Que j’entende, accoudé sur les ais d’un vieux pont,
Tonner dans les sapins le flot tiède et profond,
Lorsqu’un ciel floconneux, aux bizarres images,
Teint l’écume des eaux du bronze des nuages ;
Que je suive, à grands pas, du maigre chevrier
La caravane blanche aux buissons du sentier,
Quand l’aube, sur les rocs, monte pâle et timide,
Et du lointain clocher blanchit la pyramide,
À l’heure où, solitaire, un cheval montagnard
Broute sa touffe d’herbe au-dessus du brouillard,
Et fait crier ses fers sur la roche esquilleuse…
À toute heure, en tout lieu, etc.… »
« Je me compris peut-être en cet instant si pur
Où la terre est brouillard, où le ciel est d’azur ;
Peut-être dans ces nuits de tristesse et de rêve,
Où la lune et les flots, endormis sur la grève,
Font soupirer leur ange aux paupières d’argent,
J’aurai compris mon être immortel et changeant.
Quand la brise d’automne hérisse le feuillage
Du bois, contre lequel s’appuie un blanc village,
Peut-être aurai-je vu, sur mon humble Jura,
L’étoile qui m’aimait, le ciel qui m’inspira…
Et cette lyre d’or et ces cordes de flamme
Que faisaient soupirer les ailes de mon ame,
Avant le jour où Dieu, de ses doigts tout-puissants,
L’enfermait dans la poudre et l’enchaînait aux sens. »
« La vie est un exil, et la mort le retour…
Les pleurs sont du passé : regretter, c’est mourir…
Les saints amours sont fils de nos douleurs, etc. »
« L’idéale musique en nos cœurs répandue. »
« Dans ma chère patrie on ne sert pas mes dieux ! »
« Profonds comme le ciel et purs comme les flots. »
« Ah ! dans les jours de la souffrance
Vivons d’amour et de silence,
Ne publions pas notre deuil, »
« Le plus vieux souvenir, la plus jeune espérance
Sont deux frères jumeaux, aux pas silencieux,
Qui se mirent dans l’âme en marchant dans les cieux. »
« L’avenir n’est qu’espoir, le passé que regrets ! »
« Qu’une idée échappée à la ronde immortelle. »
« Sur la Sion des cieux, le Temps, lugubre oiseau,
S’abattra pour toujours, et dans ce jour nouveau
Les voyageurs lassés que cette terre ennuie
Iront se reposer au seuil d’une autre vie. »
« Ma pensée est l’écho de sa longue souffrance,
Le deuil profond de sa beauté. »
« C’est que les cités éternelles
Aux ames fières et rebelles
Loin du monde ne s’ouvrent pas ! »
« Les cieux ont au moins des tombeaux
Pour qui s’envole avec audace. »
« Montre à défaut d’espoir son vague et bleu néant. »
« Oh ! n’embrassons pas tant d’espace,
Jeunes esprits, joyeux oiseaux,
Car les cieux même ont des tombeaux
Pour qui nourrit trop son audace ! »
« Vers le pauvre fils de Marie,
Vers l’époux de la terre en deuil,
Qui pose la lampe de vie
Dans le mystère du cercueil. »
« Il est vers mon beau ciel d’étroites avenues,
Des sentiers détournés, des routes inconnues
Qu’explorent vers le soir de rares exilés.
Ils chantent leurs destins, qui leur restent voilés.
Leur astre est une larme, et leur foi la souffrance. »






















