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Lettres de la Grenouillère – Jean-Joseph Vadé

Lettres de la Grenouillère – Jean-Joseph Vadé

Air : En passant sur le Pont-Neuf.

Je suis amoureux très-fort
(En vla pour jusqu’à ma mort)
De la plus belle parsonne
Qui gn’aye dedans Paris,
Et c’est squifait que j’ly donne
Mon cœur qu’alle m’avait pris.

Je ly jure sur ma foi
Que je l’aime autant que moi ;
Son nom s’appelle Nanette,
Si je peux ly plaire un jour,
Ma fortune sera faite,
Ma richesse est son amour.
L’Amour est un chien de vaurien
Qui fait plus de mal que de bien,
Habitants de galère
N’vous plaignez pas d’ramer,
Vote mal c’est du suque
Près de stila d’aimer.

Ce fut par un jour de printems
Que je me déclaris Amant,
Amant d’une brunette
Bell’comme un Curpidon,
Portant fine cornette
Posée en papillon.

Alle a tous les deux yeux bryans
Comme des pierres de Diamant,
Et la rouge écarlatte
Que l’on voit zaux Gobelins
N’est que la couleur jaune
Au prix de son blanc tein.

Alle a de l’esprit fièrement
Tout comme un garçon de trente ans
Ça vous magne d’l’ouvrage
Dam’faut voir comme ça s’tient,
L’diable m’emporte une Reine
N’blanchirait pas si bien.

J’sais bien qui n’tiendrait qu’à moi
De l’épouser si all’voulait,
Son sarviteur très-humbe
Attend sa volonté,
Si ça se fait ben vite
Fort content je serai.

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