
Les Sabots de Jésus – Théodore Botrel

Pour son petit gâs Jean-Pierre,
Le sabotier de chez nous
Tailla, la saison dernière,
Deux sabots, deux vrais bijoux,
Tels que jamais sabotier
N’en fît dans le monde entier :
Toc, toc, toc, et don dondaine,
Ils étaient si blancs, si beaux
Les petits sabots de frêne,
LesLes jols petits sabots !
Parents, tremblez en cachette
Si vos gâs sont trop jolis,
Car le Seigneur-Dieu les guette
Pour orner son Paradis :
Ainsi prit-Il, sans pitié,
Le garçon du sabotier :
Toc, toc, toc, et don dondaine,
On cloua dans le tombeau
Les petits sabots de frêne,
LesLes jolis petits sabots !
Or, un beau soir qu’à la Vierge
Tenant Jésus dans ses bras
Il faisait brûler un cierge
Pour l’âme du petit gâs,
Celui qui pleurait son fieu
Vit aux pieds de l’Enfant-Dieu :
Toc, toc, toc, et don dondaine,
Comme autrefois, blancs et beaux,
Les petits sabots de frêne,
LesLes jolis petits sabots !
Et Jésus, avec mystère,
Dit au pauvre sabotier :
« Lorsque je m’en vins sur terre
À Noël, le mois dernier,
Pierric m’a dit : « Bon Jésus,
« Il neige et tes pieds sont nus…
« Toc, toc, toc, et don dondaine,
« Prends donc mes sabots si beaux !… »
J’ai pris les sabots de frêne :
xxxTon gâs m’en a fait cadeau ! »
Texte : Wikisource · domaine public · lien affilié























