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Les Centaures – Maurice du Plessys

Les Centaures – Maurice du Plessys

Bon Centaure, réhabilité par ta vertu,
Qu’il quitte, ton galop, l’impur chemin battu
Par le pas de ta gent aux couardes crinières.
Ton bras fléchisse l’arc infaillible d’Apollon !
Que te mirant au clair du fleuve, si de tes vaines
Armes, honte te prend, tu charges le carquois
Gros des dards trempés aux vipères :
Prends la masse aux ongles de plomb
Par qui brille Alcide aux carrières !
Que si, dans la cendre resplendissante de l’été long,
S’en va quérante une onde amicale ta soif
Choisie : loin, ô néophyte ! de l’abreuvoir qui restaure
De la pource et du chien les hasardeuses lippes,
Charge au Pinde ! et que ta bouche libérée, ô Centaure !
Que ta bouche meilleure, à brave lèvre y boive
L’eau nombreuse d’Hippocrène et d’Aganippe !

Funeste aux monstres, qu’à l’exemple sans reproche
D’un Hercules, tu renouvelles par le menu
Les grands exploits dont fut sa gloire éternisée ;
Qu’à quatre éclairs, le casque en tête de Persée,
Tu voles, amoureux, délivrer sur sa roche
La long-pleurante Andromède qui bêle aux nues ;
Ou ruer au dragon crachant feux à l’approche
La propre lance perce-bêtes de Thésée ;
Encor, le soir, au levant d’Hécate, sur les barques,
Coulant au fleuve qui s’endort, percer de l’arc
La penne étincelante d’une Chimère qui passe ;
À moins que capturer te plaise au nid les passes
Agréables à la cagette d’Aliénor ;
Ou porter bas (pour, aux dédicaces des Grâces,
Son bois rameux vouer en trophée) un dix-cors ;
Si ce n’est que, plongée à Neptune ta nasse,
Lourde l’en tires-tu des filles aux beaux corps,
Fleur de l’océanique race ;
Ou que ton luth, nourri aux mêmes rocs de Thrace,
Muets n’aille rendants les égipans discords :
Exploits sidéraux attestant gymnastique ton extrace,
Ce sont là les jeux du Centaure !

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