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Le musée de Milan – Albert Mérat

Le musée de Milan – Albert Mérat

Est-ce que vous aimez qu’un guide par la main
Vous mène et sans pitié vous montre le chemin,
Tyrannique, et froissant de sa pédanterie
L’aile que l’imprévu donne à la rêverie ?
Nous faut-il faire voir comment rêvent du ciel
Les enfants blonds qu’endort l’enchanteur Raphaël,
Et l’adorable éclat des femmes de Corrége ?
Est-ce que l’on commente une épaule de neige ?
Magnifique et drapé de pourpre, Titien
Sait à tous les regards parler vénitien.
Vinci n’a pas besoin que l’on ose décrire
L’ineffable clarté des yeux qu’il fait sourire,
Ni Tintoret, l’effroi de son Christ au linceul ;
Et Rembrandt a le droit de s’expliquer tout seul.

Donc il est bon d’aller, selon sa fantaisie,
Afin de rencontrer seule la poésie,
Et, pres du piédestal énorme où Canova
Posa César debout, grand comme il le rêva,
Petite et rayonnant sous les plis de sa mante,
Une brune statue échappée et charmante.

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