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Le lotus et les dévas – Maurice Magre

Le lotus et les dévas – Maurice Magre

Comme je poussais la porte du jardin, elle était au milieu d’une
plate-bande de roses et, les yeux levés au ciel, elle avait un doigt sur
les lèvres et semblait faire: «Chut!» à quelqu’un. Mais il n’y avait
personne.

Alors j’ai gardé le silence. Mais elle m’a dit: «C’est pour mieux
t’entendre me dire des paroles d’amour que j’ai fait signe à un groupe
de dévas vêtus de blanc de rester silencieux au-dessus du jardin.»

«O Padmani, comme j’aimerais voir ces dévas. Ne peux-tu leur dire de
s’approcher et de me montrer le bel ovale de leurs traits et leurs
robes, tissées sans doute de nuages.»

Elle a secoué la tête et a répondu: «Ils viennent justement de
s’éloigner car ils ont respiré l’arôme de certain lotus d’une espèce
rare qui vient d’éclore à mille lieues d’ici sur une montagne de Chine
et ils sont ivres pour plusieurs jours.»

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