Sélectionner une page

Las je souspire en vain puis que sans esperance – François Béroalde de Verville

Las je souspire en vain puis que sans esperance – François Béroalde de Verville

Las je souspire en vain puis que sans esperance
Je chemine à tastons par le sentier d’amour,
Tout ainsi que celuy qui privé de ce jour
Le desirant tousjours n’en a point la presence.

Sans pois je vay levant de mon sort la balance,
Qui ne s’arreste point, mais en son quart detour
Remue incessamment, & detour & retour
Me montre la fortune, en sa vaine inconstance :

Soit ce qu’il en pourra, j’aymeray la rigueur
Du tourment agreable, où demeure mon cœur,
Qu’ores l’espoir abuse, & ores reconforte.

En l’erreur de mes yeux, je conduiray mes yeux,
En mon sort incertain, je verray si les Cieux
Guariront la fureur du mal qui me transporte.

Archives par mois