
La note fausse – Auguste Gilbert de Voisins

Ta voix, d’abord,
Est douce et tendre:
Tu vas prétendre
M’aimer! Ta voix a des accords
Justes;
Toute ruse m’en paraît bannie;
Je déguste
Son harmonie.
Comment garder le moindre doute
Devant une voix si claire?
Je l’écoute…
Cette voix n’offre aucun mystère.
— Bientôt, je me dis qu’il fait sombre
Et que ta voix manque un peu d’ombre,
Elle paraît mal correspondre
A l’expression de tes yeux;
Elle devrait, me semble-t-il, être plus basse;
Alors, je l’écoute mieux:
Tu me dis que jamais mon amour ne te lasse…
Et, dans ta voix, sonne soudain la note fausse.
CCCXLV






















