
In extremis – Jacques d’Adelswärd-Fersen

Souvent, lorsque le soir berce d’un geste doux
Les horizons vieillis et les vieilles histoires,
Lorsque l’âme s’emplit de souvenirs de gloire,
Que brille l’Avenir comme un tas de cailloux,
Mon pauvre cœur s’enfuit loin des joies de la terre,
Et malgré sa jeunesse erre vers la Douleur,
Pareil à ces oiseaux que le jour obsesseur
Oblige dans les rocs à cacher leur misère,
Et mes yeux, où le ciel met sa parure d’or,
Se tournent vers les tiens comme vers un mirage,
Comme pour se pencher sur un calme sillage,
En adorant le spectre adorable des morts !























