
Édouard Ourliac – Gérard de Nerval

Le secret est d’abord de plaire et de toucher ;
Inventez des ressorts qui puissent m’attacher. »
Permettez-moi, Messieurs, en mouchant mes chandelles.
De causer un instant de ce qu’on joue ici ;
Ce ne sont, il est vrai, que farces, bagatelles,
Mais si l’on est content, je le suis fort aussi.
Ma foi ! vive la joie et les parades folles
Où le héros survient, la perruque à l’envers,
Un bras gris, l’autre bleu, le chapeau de travers,
Et débute, s’il veut, par quelques cabrioles.
Ma catastrophe, à moi, c’est un coup de bâton ;
Mon poignard, Arlequin le porte à sa ceinture ;
Nos sabres sont de bois, nos noirceurs en peinture,
Et si le dénoûment nous touche d’aventure,
C’est qu’on doit immoler un pâté de carton.
Je l’avoue, un soufflet qui se trompe de face,
Au fort de son courroux Cassandre qu’on fait choir,
Un coup de pied qu’on donne ou reçoit avec grâce,
Un grand plat de bouillie en un manteau bien noir ;
Gille, en fouillant au pot, qui se brûle à la braise
Et qui lèche en hurlant ses doigts enfarinés ;
Quand celui-ci s’assied, l’autre tirant la chaise,
Et les portes toujours sa fermant sur les nez,
Sont divertissements qui me font pâmer d’aise.
Le premier château-fort qu’on rencontre quand on
Débouche par le plus joli bois du canton,
Est celui du seigneur de Couci, le beau sir…,
Le père de la demoiselle,
Un monsieur fort bien,
En culotte de peau,
Qui voulait tout savoir !






















