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Deux Discours – Charles Le Goffic

Deux Discours – Charles Le Goffic

Que tu viennes de France ou d’un monde inconnu,
Que tes pieds aient foulé la plaine ou la montagne,
Mon fils, je le salue au nom de la Bretagne :
Entre sur mon domaine et sois le bienvenu !

Nos genêts d’or, nos clairs ajoncs, nos blanches roses,
Si tu comprends leur âme, enchanteront tes yeux ;
Notre mer te dira le secret des aïeux ;
Ecoute-la parler ! Elle sait bien des choses…

Vois ! La sainte Bretagne a pour toi revêtu
Sa parure d’ajoncs, son manteau de bruyères.
Un esprit bienfaisant respire dans ces pierres :
De ces mille fleurs d’or s’exhale une vertu.

C’est un rêve d’argent qui bat le pied des roches ;
D’angéliques parfums s’élèvent du ravin ;
El, comme un frais écho du royaume divin.
Dans l’azur infini passe le chant des cloches.

Ô mon fils, c’est ici la terre de beauté,
C’est le pays d’amour où le soleil se couche.
Si quelque chant léger s’envole de ta bouche,
Qu’il soit fait d’innocence et de simplicité !
D’une hanche agaçante ont appris le secret
Et font, d’un tour de tête aussi vif qu’un coup d’aile,
Sur leur col gracieux voltiger la dentelle…
Dans le linceul de pourpre où dorment les dieux morts,
La justice est boiteuse ; elle vient à pas lents,
Mais elle vient…

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