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Catulle Mendès — L’homme qui était partout, et qu’on ne lit nulle part

Catulle Mendès — L’homme qui était partout, et qu’on ne lit nulle part

1841 — 1909

Quand le Seigneur forma l’homme, le Seigneur Dieu
Ne prit pas le limon terrestre en un seul lieu ;
Mais il prit de la terre aux quatre coins du monde :

La Mère

À vingt ans il fonde la Revue fantaisiste et publie Baudelaire, Banville, Gautier. À vingt-quatre il épouse la fille de Gautier. Il lance le Parnasse contemporain, l’anthologie qui donnera son nom à toute une école.

Wagner l’a reçu à Tribschen. Verlaine, Mallarmé, Villiers de L’Isle-Adam lui doivent leurs premières publications. Pendant quarante ans, il n’y a pas une affaire littéraire française où il ne soit quelque part.

Le prix de la facilité

Il a écrit des vers, des romans, des contes, des drames, des livrets d’opéra, des critiques, des feuilletons — une centaine de volumes. Il pouvait tout faire, très vite, et très bien.

C’est précisément ce qui l’a tué. Une œuvre qui n’a pas de centre ne laisse rien à quoi se raccrocher, et la postérité ne retient que ce qu’elle peut nommer.

Les contes en vers

Ce que le Vagabond réunit est son versant le plus durable : des légendes versifiées, tirées de la Bible, des évangiles apocryphes, de l’Inde, de la chronique espagnole, du folklore russe.

« L’Enfant Krichna », « Un miracle de Notre-Dame », « Les Fils des anges », « Le Landgrave de fer », « Don Ruy Diaz », « La Femme adultère ». C’est un art de conteur avant d’être un art de poète : il y a une histoire, elle avance, elle tombe juste.

On y trouve aussi des hommages à des poètes russes — Pouchkine, Koltsov, Ogarev, Polonski — qui rappellent qu’il fut l’un des premiers passeurs de cette littérature en France.

1909

Le 8 février 1909, on le trouve mort dans le tunnel de Saint-Germain. Il était descendu du train en marche, la nuit, croyant être arrivé.

Il avait soixante-sept ans et il rentrait d’une première.

Choix de textes

  • La Mère — La création de l’homme avec de la terre prise aux quatre coins du monde.
  • L’Enfant Krichna — L’Inde racontée en vers français, avant que ce soit une mode.
  • Un miracle de Notre-Dame — La légende médiévale, menée avec un vrai métier de conteur.
  • La Femme adultère — La scène de l’Évangile, où il prend évidemment le parti de la femme.
  • Les Fils des anges — Un apocryphe biblique, où sa fantaisie a toute la place.
  • Le Landgrave de fer — La chronique germanique traitée en ballade. C’est très efficace.
  • Don Ruy Diaz — Le Cid espagnol, repris après Hugo et sans complexe.
  • Le Mendiant de son honneur — Un titre superbe pour une histoire qui le mérite.
  • Pouchkine — Il fut l’un des premiers passeurs de la poésie russe en France.
  • Penthésilée — La reine des Amazones, sujet parnassien qu’il traite en dramaturge.

Pour le lire

Philoméla (1863) · Poésies · Contes épiques — les vers.

Fondateur de la Revue fantaisiste (1861) et du Parnasse contemporain (1866), l’anthologie qui a nommé toute une école.

La Légende du Parnasse contemporain (1884) — son témoignage sur l’époque.

Guillain Méjane

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