
Ballade XLIII – Christine de Pisan

Hé Dieux ! que le temps m’anuie,
Un jour m’est une sepmaine ;
Plus qu’en yver longue pluie,
4M’est ceste saison grevaine.
Helas ! car j’ay la quartaine,
Qui me rent toute estourdie
Souvent et de tristour pleine
8Ce me fait la maladie.
J’ay goust plus amer que suye,
Et coulour pasle et mausaine ;
Pour la toux fault que m’appuye
12Souvent, et me fault l’alaine.
Et quant l’excès me demaine,
Adonc ne suis tant hardie
Que je boive que tysaine
16Ce me fait la maladie.
Je n’ay garde que m’enfuye ;
Car, quant je vois, c’est a peine
Non pas l’erre d’une luie,
20Mais par une chambre plaine.
Encor convient qu’on me maine,
Et souvent fault que je die :
« Soustenez moy, je suis vaine. »
24Ce me fait la maladie.
Medecins, de mal suis plaine,
Garissez moy, je mendie
De santté qui m’est longtaine ;
28Ce me fait la maladie.






















